Comprendre les mécanismes de la douleur



Un matin une douleur apparait et reste là, insidieusement, pendant plusieurs mois, plusieurs années sans que son origine en soit trouvée et ce malgré de nombreuses analyses. Et puis d’un coup le couperet tombe « C’est dans votre tête ! ». Dans notre tête … c’est-à-dire ? Notre douleur nous la ressentons pourtant bien physiquement.


Cette phrase donne l’impression de ne pas être pris au sérieux, que notre douleur n’est ni écoutée ni prise en charge et nous recevons souvent en cadeau l’agacement de la personne qui nous annonce ce diagnostic.


Une douleur est toujours réelle et jamais imaginaire. Dans tous les cas il faut en trouver la source, l’élément déclencheur afin de s’en débarrasser durablement.


Penchons-nous sur le concept de douleur et son lien avec la sphère psycho-émotionnelle pour mieux en comprendre les mécanismes.


A la fin de cet article, vous trouverez une liste non-exhaustive de techniques que le

naturopathe a à sa disposition pour soulager la douleur.


« C’est dans votre tête » alors pourquoi ça fait si mal ?


Qu’est-ce que la douleur ?



Selon la définition officielle de l’association internationale pour l’étude de la douleur (IASP), la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle ou décrite dans ces termes. La perception de la douleur est donc entre autres liée à un ressenti ce qui rend son appréhension difficile.


Il arrive qu’aucune cause organique à la douleur ne soit identifiée mais qu’une cause psychologique l’explique, c’est le cas par exemple lorsqu’un mal de dos apparait alors que nous vivons une période particulièrement stressante au bureau.


Les messagers et mécanismes de la douleur seront les même pour tous les individus, seul le ressenti varie entre les sujets. Chez une même personne, la perception de la douleur peut également fluctuer en fonction notamment de l’environnement et de l’état d’esprit.


La douleur a plusieurs composantes : physique, émotionnelle (colère, fatigue, anxiété…), sensorielle mais aussi cognitive (les pensées, la croyance que quelque chose va faire mal, la peur d’avoir une lésion grave), environnementale et comportementale (manifestation observable physique ou verbale). Le corps et l’esprit sont imbriqués et la douleur en est un exemple saisissant.




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Douleurs aiguë et chronique 


La douleur peut être classée en deux catégories, aigüe lorsqu’elle est intense et de courte durée ou chronique lorsqu’elle s’installe ou devient récurrente.


□ Douleur aiguë :

Dans le cadre d’une douleur aiguë, la sensation douloureuse a pour objectif de protéger l’organisme, c’est un lanceur d’alerte en cas d’agression interne ou externe. Par exemple, lorsque nous mettons la main sur une plaque chauffante, nous ressentons une vive douleur qui nous pousse à enlever la main le plus rapidement possible de cet agresseur extérieur.


□ Douleur chronique :

La douleur chronique affecte 30% de la population française. Son origine peut être diverse : cancer, douleur neurologique, rhumatisme, dépression, etc.

La douleur est dite chronique quand elle persiste plus de 3 mois, elle devient alors un syndrome qui est susceptible d’affecter sérieusement la psychologie de la personne. Contrairement à la douleur aigue qui est un indicateur immédiat, la douleur chronique peut persister alors que l’élément déclencheur a disparu.


Elle s’accompagne parfois de dépression, anxiété, éloignement sociale, ou encore de troubles du sommeil. La souffrance psychologique qui s’accumule à la douleur physique va en augmenter l’intensité. Il est donc essentiel de prendre également en charge les implications psycho-émotionnelles dans le cadre de ces douleurs. Des douleurs chroniques peuvent également apparaitre dans le cadre de chocs

émotionnels (divorce, deuil, licenciement, viol…).



Un état psychique peut engendrer une douleur physique et vice versa.


Origines de la douleur, un peu de science :






Douleur nociceptive : douleur résultant d’un excès de stimulation de nocirécepteurs (terminaisons nerveuses sensibles à la douleur).

Douleur neuropathique : douleur consécutive à une lésion ou maladie du système nerveux.

Douleur psychogène : douleur sans cause organique.





Douleur nociceptive :

Les douleurs aigues résultent de l’excitation d’une terminaison nerveuse sensible aux stimulations douloureuses appelées nocirécepteur.

Nous avons des nocirécepteurs sur la partie externe du corps (peau, muqueuses…) et interne (vessie, muscles…).


Lorsque ces récepteurs sont stimulés, un influx nerveux « douleur » est créé. Cette information va être véhiculée le long d’un nerf sensitif vers la moelle épinière qui va moduler le message. L’information est ensuite transmise vers le thalamus qui sert de relais aux influx nerveux sensitifs provenant l’ensemble du

corps. Puis l’influx nerveux arrive au niveau du cortex cérébral qui va interpréter les perceptions sensorielles, la sensation.

Le cerveau grâce au système limbique mémorise la douleur, l’environnement et l’état émotionnel qui y est lié afin de pouvoir se protéger par la suite.

Reprenons l’exemple de la plaque chauffante. Les nocirécepteurs présents sur la peau de la main sont excités au contact de la chaleur, ils envoient alors une information douleur via les nerfs sensitifs. L’information arrive au cerveau après avoir transités par la moelle épinière. Dans notre exemple, le cerveau envoie une réponse via un nerf moteur qui commande les muscles. Les muscles du bras et de la main vont se contracter permettant l’éloignement de la main du feu. Notre cerveau mémorise que les plaques chauffantes brulent, on fera dorénavant attention à ne pas poser notre main dessus.



Douleur psychogène :

Selon le Vidal, elles sont liées à des troubles psychiques qui provoquent une sensation douloureuse en l’absence de toute lésion d’un organe.

La prise en charge de ces douleurs doit être identique à n’importe quelle douleur.


Nous avons vu plus haut que la douleur était notamment un lanceur d’alerte. Lorsque nous sommes soumis à un stress chronique dont l’origine est variable (travail, famille, social etc.), il s’opère des déséquilibres dans le corps physique. Ces déséquilibres nous font passer d’un fonctionnement physiologique à un fonctionnement anormal. La douleur peut alors être un moyen d’alerte pour nous informer d’un déséquilibre qui n’est pas toujours objectivables. Peuvent apparaitre des migraines, vertiges, douleurs digestives ou articulaires, contractions musculaires, mal de dos, etc...



Les facteurs de la douleur sont multiples, il est donc extrêmement important d’en avoir une approche globale.


Quelques outils du naturopathe face à la douleur :



Écoute attentive et questions ciblées pour comprendre au mieux votre douleur.

Alimentation adéquate pour retrouver de l’énergie et se débarrasser des toxines qui peuvent être à l’origine de notre douleur.

→ Conseils pour une activité sportive adaptée. Nous croyons souvent à tort qu’il ne faut pas bouger en cas de douleur alors que dans certains cas, au contraire, une activité physique va avoir un effet bénéfique sur le

corps, accélérer la guérison et diminuer le stress qui peut être un élément déclencheur de la douleur.



Gestion de la sphère psycho-émotionnelle (relaxation, fleurs de Bach, exercices de respirations …).

Hydrologie (bains, application locale de froid ou de chaud).

Massages et techniques d’automassage.

Plantes, huiles essentielles et argile.


Ne restez pas seul face à votre douleur, parlez-en !